Je hack les concepts

« Bonjour mon ami ». La phrase emblématique de la série culte Mr Robot.

Bonjour mon ami.

Cela fait quelques temps que je n’ai plus écrit, non que je tombe à court d’inspiration, mais plutôt de façon de les aborder. Je vais trop vite trop facilement dans les mêmes ritournelles, les mêmes discours. Ma vie est un quotidien répétitif où je fais face aux mêmes difficultés, et je bloque dessus.

Comme ces derniers jours où j’ai eu à faire face à ce que j’appelle communément une « crise de solitude », ou quelque chose du genre. Peu importe son nom, je me rends compte que je fais face à ce genre de difficulté depuis longtemps, depuis toujours ou presque en fait. Une phase molle, une phase triste, une phase douloureuse où, grosso merdo, mon cerveau part en cacahuète. Événement normal de la vie, cause biologique, l’autisme qui se manifeste, trouble anxieux s’exprimant… je ne sais pas. Je suis globalement incapable d’identifier efficacement la source, je ne peux que constater les effets, et les dégâts. C’est à chaque fois très compliqué à vivre et je dois faire en sorte de ne pas exploser en plein vol à cause de mes propres émotions qui deviennent volatiles. Un jeu d’équilibriste sans filet ou la chute, si elle n’est pas mortelle, laisse à chaque fois des séquelles à vie. Bien évidemment dans le social que cela s’exprime (en plus du bien être général bien entendu), et c’est le social qui en souffre le plus. Un effet boule de neige terrible.

Je cherche constamment des nouvelles idées, des nouvelles façons de m’en sortir. J’utilise tous les outils à ma disposition, j’essaye d’en inventer… le problème est vu et revu sous tous les angles. Je pense honnêtement que je n’ai rien laissé au hasard, et j’ai tout tenté.
Sauf que la solution, je crois, m’est apparue… et elle est tellement conne que cela me fait carrément chier. Mais bon, je le savais en fait, et depuis longtemps.

« Tout ce qui faut c’est une mauvaise journée pour réduire l’homme le plus sain au monde à la démence. C’est la distance qui me sépare du monde. Juste un mauvais jour. Tu as eu un mauvais jour une fois. J’ai pas raison ? Tu as eu une mauvaise journée et tout a changé depuis. – Le Joker »

Si toutes les solutions de merde qu’on m’a proposé, si tous les encouragements creux et naze m’ont fait chier, si les autres semblaient impuissants et inutiles, c’est pour une bonne raison… cela ne sert à RIEN. La solution est en nous.
Aussi cliché et niais que cela soit, c’est la stricte et pure vérité.

Personne ne vous aidera, personne ne trouvera de solution pour vous. Cela vient de l’individu. Chaque personne est unique, chaque personne est différente. Ce qui est un enfer pour moi est le paradis d’un autre, ce qui est mon paradis est l’enfer de mon prochain. Suivant l’individu, un poison peut être un remède, comme une menace de mort. Bordel, quand est-ce que l’homme aura compris que la relativité est une loi mathématique ?

Pour revenir à nos moutons, avec un graphique, ce que je dis plus précisément,c’est que quand il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, et s’il n’y a pas de solution, il n’y a pas de problème.

Avez vous un problème ? si non, pas de problème, si oui, pouvez-vous faire quelque chose ? Si oui, pas de problème, si non, pas de problème.

Bon, dans mon cas c’est un petit peu compliqué à appliquer, mais cela reste très vrai. Pour les curieux c’est juste que je peux pas forcer une jolie donzelle à me faire une … (censuré pour les trop coincés), et que je peux pas harceler un type (ou une fille, après tout c’est pas genré) à venir faire une partie de Dirty Bomb ou Total War : Warhammer. Mais bon, ça reste vrai. La subtilité de ma difficulté est que cela viendra quand ça viendra, et attendant je dois rester moi-même… cela ne sert à rien de faire des sacrifices qui ne me feront rien gagner, encore moins sur le long terme.

Car c’est là la complexité du concept « aider les autres ». Cela demande un certain nombre d’ingrédient. De l’empathie, de la compréhension, de la connaissance de l’autre, et surtout une véritable volonté d’aider.
Dans l’excellent film « Oui mais… » avec le tout autant excellent Gérard Jugnot, il dit je cite « aider oui, sauver non ». C’est précieux de vouloir aider l’autre, mais il faut le faire de son point de vue, de son parcours, de sa responsabilité envers lui-même. Cela est contre-productif et destructeur de sauver quelqu’un, pour les deux parties.

Pour revenir à mon truc à moi, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai entendu des discours à la con sur « bah c’est mieux d’être seul » ou les « il faut s’aimer soi-même avant d’aimer les autres » voir les « l’amour c’est surfait » ou encore les « bah il faut sortir aussi », et je passerais sous silence les « tu as beaucoup de colère en toi »… rien que de repenser au truc tout simplement enrageant sur les « il faut taire sa part d’ombre pour laisser les gens venir à toi » ça me donne de l’urticaire.

Toutes ces remarques, gratuites, balancée à la volée tel un miracle salutaire dont j’aurais manifestement besoin pour m’aider quand j’exprimais une difficulté autour d’une discussion d’un groupe facebook sur l’autisme, sont de la pure connerie. Pourquoi ?
Car ces personnes n’ont pas pris le temps de me connaitre, ce que je souhaite, ou de considérer mon vécu, ce que j’ai déjà compris, essayé et traversé.

Aider les autres est aussi complexe, si pas plus, que de s’aider soi-même. Cela demande une compétence d’écoute, de réserve, de ne pas imposer à l’autre notre vision du monde.

La première et unique recette sur le secret du bonheur. Acceptes toi comme tu es.

Le monde de l’autisme est un bordel sans nom, putain, rien que de donner une définition c’est juste infernal. Y a des nuances, des subtilités, et bien qu’on soit capable de s’accorder sur certains trucs, même les spécialistes se battent parfois entre-eux sur la question de « c’est quoi l’autisme ? ».

Savoir se connaitre, solutionner ses problèmes, trouver le bonheur, c’est une question humaine, autisme ou pas. Cela dit je peux entrevoir que c’est encore plus compliqué pour une personne autiste car se connaitre, c’est pas évident, et connaitre l’autre, oh mon dieu, c’est une tournure de force. T’es qui toi ? Qu’est-ce que tu me veux ? Ça veut dire quoi ce sourire ? Et pourquoi tu pars ? T’es fâché ? Qu’est-ce que j’ai fais ? Hey dis tu as déjà entendu parler de la spécificité des fils de carbone des ampoules de 1958 ? Jt’ai déjà parler de ma passion pour les ponts en pierre ? Etc etc etc… Je vous laisse imaginer la suite de ce genre de scénario tellement fréquent que ça devient barbant.

Alors bref, ça vaut ce que ça vaut, mais si j’ai un conseil à vous donner, c’est de rester comme vous êtes, voir d’enfin embrasser qui vous êtes. Ça vaut mieux pour tout le monde, et surtout pour vous. Y en a plein le cul d’essayer d’être quelqu’un d’autre, et de se faire engueuler parce qu’on fait jamais assez bien les choses. J’suis moi. Tu veux que j’sois quoi d’autre, connard ?

Et oubliez pas, la vie est plus cool quand on se marre un peu.

*****

Comme d’hab je vous conseille de jeter un oeil aux superbes paroles de cette superbe musique.

 

Ecrit par Christopher Evrard

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