Génération Looser

J’avoue parfois je ressemble à ça. P’tête même pire.

De très, très, très, très, très nombreuses études ont essayés de comprendre la fameuse génération Y (aussi connus sous le nom de « millennial » en anglais, regroupant les personnes nés entre 1980 et 1999). Comment les faire bosser, comment les faire acheter, comprendre leur comportement particulier etc, ou si vous voulez mon avis, comment les lobotomiser. Des équipes entières de marketing se sont penchés sur le sujet. Je vous invite à lire l’article wikipedia sur le sujet pour une rapide vulgarisation de la chose.

Si ce n’était pas encore clair, je fais parti de cette génération, et plus le temps passe, plus je constate cette différence entre cette génération et le reste du monde. Mais bon. Encore une fois, je ne suis pas comme mes pairs et je suis marginal même chez les marginaux. Ce n’est pas le sujet ceci-dit.

Pour l’autisme aujourd’hui, c’est un peu la même chose, voir pire.
Les adultes autistes, les jeunes, c’est un peu la misère totale. Si vous n’avez pas eu la chance d’être rapidement repéré, si vos parents n’ont pas fait ce qu’il faut … bah. C’est baisé quoi.

Si vous êtes jeunes, ou adultes, bref vous n’êtes plus un « gentil petit enfant autiste » dont on parle avec compassion et dévotion, vous n’aurez pas la chance d’être pris en charge par des professeurs, des thérapeutes divers qui pourront vous aider à améliorer vos études, votre autonomie en général. Non. Vous êtes un adulte. Faut bosser, faut gagner des sous pour bouffer et payer ton putain de loyer.

Ô compte en banque, toi qui est trop souvent maigre, pardonne moi ma pauvreté et permet moi de m’acheter un nouveau pc. Amen.

Tu es jeune (bon c’est relatif mais disons que tu as entre 25 et 35 ans), t’as bien pigé que le monde d’aujourd’hui c’est la merde, tu as des passions qui te tiennent à coeur, tu es autiste ou dans un large spectre de « personne différente et ultra sensible/émotive » et du coup bosser c’est un peu la torture … alors que faire ?
Bah c’est simple. Soit tu as de la chance dans ton boulot et il te plait. Soit tu as une pension quelconque qui te permet de vivre à peu près correctement. Soit tu vas te faire foutre. Enfin c’est ce que dit la société aujourd’hui à des personnes comme toi. D’ailleurs c’est valable pour à peu près tout le monde peu importe la situation, personne fragile ou non.

Du moins c’est ce qui a été mon cas, j’ai très rapidement compris que soit je mordais sur ma chique et j’acceptais de petit à petit perdre ma santé mentale et ma volonté de vivre, soit je vivais en marge du système, car n’ayant pas de qualification scolaire, le seul job d’avenir pour moi c’était plongeur chez Quick. J’ai essayé une formation d’éducateur spécialisé, ça m’a fait peté un plomb et j’ai eu l’impression de retourner à l’école secondaire et je ne supporte définitivement plus le monde métro-boulot-dodo, sans parler du monde de l’éducation concrètement, qui n’est clairement pas tout rose et est même plutôt horrible parfois.

J’ai fini par accepter une relative pauvreté, devant jongler avec mes sous, me contenter de peu, et prier qu’aucune saloperie de facture imprévue ne me tombe dessus. C’est ça où je me tire une balle, à choisir je préfère vivre modestement … déjà car j’ai du temps pour moi, je ne dois pas souffrir chaque matin pour aller au bagne, et de manière plus générale je peux m’occuper comme j’en ai envie. Et ça. Ca n’a juste pas de prix. Le pire c’est que je sais que comparé à d’autres mon parcours n’est pas le plus infernal.

Le spectre de la société rôde partout. Y compris chez vous.

Mais bon, faut quand même gagner un peu de sous pour manger autre chose que du riz blanc sans rien à chaque repas… du coup … bah il est possible d’aller au cpas, à la vierge noire, ou des trucs du genre et tu pleures pour un peu d’argent car y a pas 36 solutions quand on est pas capable de bosser … et même les médecins experts qui examineront le dossier feront tout ce qu’ils peuvent pour te renvoyer dans le monde, mettant en lumière tes mensonges de gros lard fainéant.

Ce qui me fait rire car, dans une tentative désespérée, j’ai même demandé à diverses occasions si tel ou tel personne qui était patron d’un truc qui me plaisait pouvait m’embaucher, mais non. Après tout qui ferait confiance à quelqu’un sans qualifications, et qui est « bizarre » ? En plus en toute honnêteté je ne pense pas que je me serais plu, aujourd’hui pratiquement tout est une activité commerciale. La passion n’existe plus, aujourd’hui si la diarrhée en boite se vendait, croyez-moi ça se ferait.

Dans un monde idéal, il existe une solution. Celui d’avoir un talent, quelque chose où tu es doué, quelque chose que tu aimes vraiment, et en faire une activité rentable.
Mais bon. Même ça je n’y arrive pas …

Tous ces gens qui se reconnaissent de près ou de loin dans cette description que je viens de faire, je l’appelle la génération Looser. Mais je ne sais honnêtement pas qui y perd le plus au change. Si c’est des personnes comme moi qui sont des échecs ambulants, ou si c’est le monde qui sacrifie, sans s’en rendre compte, une population entière qui serait plus que compétente à faire de notre planète un monde meilleur.

Avec toute mon amitié. Fuck You Society. Je préfère encore vivre avec peu de succès et d’argent mais dans mes mondes imaginaires, plutôt que propager d’avantage ton influence de merde en tant qu’esclave de ton système suicidaire où le seul futur possible est la mort de la personnalité signifiant le déclin d’un esprit critique original et inventif. Je suis un créateur et non pas une copie sans âme.

Bisou

*****

xcxcwxc
Share

Une réflexion sur “Génération Looser

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *